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© JL-JC Courtens,
1997-2001,
Tous droits réservés
Création avril 1997
Revue : 02 mars 2006

 

Détresses Ventilatoires

Toute victime en arrêt ventilatoire doit après libération des voies aériennes, être ventilée artificiellement pour que sa survie soit assurée en attendant les secours médicalisés.

Il convient donc de savoir :

Reconnaître une détresse ventilatoire
Pratiquer sans matériel
La désobstruction des voies aériennes
Une ventilation artificielle efficace.
Les causes :
voies aériennes obstruées
composition de l'air anormale (dangereuse également pour le sauveteur)
ventilation arrêtée
Signes et conduite à tenir
En préalable il y a lieu de soustraire, sans risque pour le sauveteur, la victime de la cause de la détresse
(couper le courant électrique - sortir de l'eau - tirer hors d'un local enfumé...)

-La victime est inconsciente, la ventilation est présente mais menacée

le ventre et ou la poitrine se soulèvent régulièrement.
Il convient d'assurer une surveillance permanente afin de pratiquer immédiatement la ventilation artificielle s’il se produit un arrêt de la respiration

-La victime est inconsciente, la ventilation est arrêtée

L’efficacité est une question de secondes.

vérifier en quelques secondes la liberté des voies aériennes :

-desserrer : col, cravate, ceinture
-basculer prudemment la tête en arrière
-une main sur le front
-deux doigts sous le menton
-constater l'absence de ventilation
Pratiquer immédiatement deux insufflations
Si le ventre et ou la poitrine se soulèvent, vérifier le pouls carotidien
-s'il est perçu, continuer la ventilation artificielle
-s'il est absent, associer la ventilation artificielle et le massage cardiaque externe (cours prochain)
si le ventre et ou la poitrine ne se soulèvent pas,
compléter la désobstruction des voies aériennes
puis recommencer deux insufflations.

Faire alerter les secours médicalisés

-Victime inconsciente qui ne ventile pas et chez laquelle les deux insufflations initiales ne soulèvent pas le ventre et ou la poitrine, même après nettoyage de la bouche.

-obstruction brutale des voies aériennes chez une personne consciente, en train de manger qui :
ne parle pas
a la bouche ouverte
fait des efforts pour respirer sans que l'air n'entre ni ne sort.

Il peut également s'agir d'un enfant ayant mis un petit objet dans la bouche

Dans les cas énoncés ci dessus un corps étranger obstrue les voies aériennes au-delà de la bouche sur laquelle l'on est précédemment intervenu. Pour expulser ce corps étranger, provoquer une augmentation brutale de la pression à l'intérieur du thorax. Par comparaison si vous appuyez brusquement sur les parois d'une bouteille en plastique obturée par un bouchon, vous allez faire sauter le bouchon.

La victime est debout :

Le sauveteur se place derrière elle, passe ses bras sous ceux de la victime, met un poing sur la partie supérieure de l'abdomen, au creux de l'estomac, en dessous du sternum. Ce poing est horizontal le dos de la main tourné vers le haut. Il place l'autre main sur la première, les avant-bras n'appuyant pas sur les cotes ; il tire brusquement en une pression vers lui et vers le haut.

Répéter cette pression 3 ou 4 fois de suite.
Si la ventilation spontanée ne reprend pas, on pratique la ventilation artificielle.
la victime est assise
Le sauveteur se place derrière elle, à genoux fléchis pour être à la bonne hauteur et agit comme précédemment.
La victime est allongée sur le dos
Le sauveteur se place à califourchon sur les cuisses de la victime, place la paume d'une main juste au-dessus du nombril, puis l'autre main sur la première, appuie brusquement en oblique vers le sol en direction de la tête de la victime.
Dans les trois cas, le déblocage du corps étranger, l 'amène au fond de la bouche, il faut donc aller l'y rechercher et l'en extraire. En cas d'échec, on répète la manoeuvre. Si la ventilation spontanée ne reprend pas, on pratique immédiatement la ventilation artificielle.

Obstruction des voies aériennes chez l'enfant et le bébé
chez l'enfant de plus d'un an, les manoeuvres s’appliquant à l'adulte sont réalisées avec précaution

chez celui de moins d'un an :

-le bébé est placé à califourchon sur l'avant bras du sauveteur ;

-le sauveteur

--donne quatre tapes avec la main entre les omoplates de l'enfant : en cas d’échec

--place cette main sur le dos du bébé et le retourne tête basse

--effectue avec trois doigts quatre poussées sur le devant du thorax (au milieu du sternum)

Après ces manoeuvres, les voies aériennes doivent être désobstruées comme précédemment

Il faut éviter un nettoyage à l'aveuglette qui pourrait repousser le corps étranger

Remarque importante :

Un corps inhalé de petite taille peut avoir pénétré plus profondément dans les bronches d'un seul poumon.

Dans ce cas l'autre poumon peu fonctionner car il n'est pas bouché

La victime garde une respiration spontanée et tousse avec difficulté ; il faut la rassurer pour la calmer et la conduire à l'hôpital en position demi-assise.

Victime inconsciente, ventilation arrêtée, pouls carotidien absent : cette situation est traitée plus après !

Signes d'efficacité :

Amélioration réelle de la ventilation ;

Si la ventilation spontanée réapparaît, les signes d'efficacité sont le retour des mouvements ventilatoires amples, réguliers, à une fréquence satisfaisante (12à 20 chez l'adulte, 25 à 30 chez le nourrisson).

Si la ventilation artificielle doit être poursuivie, son efficacité se juge sur l'absence de résistance ou de blocage à l'insufflation et l'obtention de mouvements d'amplitude et de fréquence adaptée à l’âge de la victime.

Technique de ventilation artificielle (sans matériel).

Les méthodes essentielles sont celles du 

 Ces méthodes orales utilisées indifféremment, permettent d'insuffler directement à la victime, l'air rejeté par le sauveteur. Il s’agit d'abord de l'air resté dans la bouche, le pharynx, la trachée et les bronches du sauveteur, c'est un air très voisin de l'air atmosphérique qui parviendra à la victime.

La méthode ne sera efficace que si les voies aériennes de la victime sont et restent libres.

Il faut éviter deux erreurs :

exécuter les mouvements selon une fréquence trop rapide ;
régler les mouvements sur sa propre ventilation car la fréquence en est augmentée par l'effort et l'émotion
Il faut donc pratiquer une ventilation artificielle posément, régulièrement en ménageant ses forces ; la fréquence adoptée est environ 12 à 15 mouvements par minute pour un adulte.
La ventilation artificielle est poursuivie jusqu'à l'arrivée des secours médicalisés, sauf si la ventilation spontanée reprend de façon efficace (12 à 20 mouvements par minute).

Bouche à Bouche :

Le sauveteur

1) S’agenouille à coté de la victime près de son visage ;
avec une main placée sur le front, la tête est maintenue basculée prudemment en arrière
avec l'autre, il maintient le menton en le tirant en avant, vers le haut (ne jamais appuyer vers le bas)
2) Obstrue le nez de la victime en le pinçant entre le pouce et l'index de la main placée sur le front
3) Après avoir inspiré lui-même sans excès, applique sa bouche largement ouverte autour de la bouche de la victime en appuyant fortement pour éviter toute fuite.
4) insuffle progressivement : la poitrine de la victime se soulève 

L'expiration de la victime est passive : 

le sauveteur se redresse légèrement reprend son souffle en regardant la poitrine s'affaisser. 

La fréquence des insufflations doit être de 12 à 15 par minute chez l'adulte, le volume de chaque insufflation doit être compris chez l'adulte entre 0.6 et 1.2 litres.

 Bouche à nez :

Le sauveteur : 

1) S’agenouille à coté de la victime près de son visage ;

avec une main placée sur le front, la tête est maintenue basculée prudemment en arrière. Avec l'autre, il soulève le menton sans appuyer sur la gorge et tient la bouche de la victime fermée, le pouce appliquant la lèvre inférieure contre la lèvre supérieure.

2) applique la bouche largement ouverte autour du nez de la victime

3) insuffle progressivement ; la poitrine se soulève

l'expiration de la victime est passive ; le sauveteur se redresse légèrement reprend son souffle en regardant la poitrine s'affaisser.

la fréquence des insufflations doit être de 12 à 14 par minute chez l'adulte, le volume de chaque insufflation doit être compris entre 0.6 et 1.2 litres.

 Cas particulier du nourrisson ; bouche à bouche et bouche à nez

fréquence d’insufflation plus élevée (25 à 30 par minute)
volume insufflé plus petit.